Hedi Slimane à la tête d’Yves Saint Laurent.

Par Mylène Genty

C’est le jeu de la chaise musicale des créateurs qui semble s’entamer à nouveau….En effet, peu après l’annonce du départ de Raf Simons de la maison Jil Sander, nous apprenons que c’est maintenant Stefano Pilati, directeur créatif chez Yves Saint Laurent depuis 2004, qui cédera sa place au styliste encensé qu’est Hedi Slimane. À ce propos, certaines rumeurs sur ce remplacement s’étaient propagées à l’automne dernier par la notable journaliste Suzy Menkes : ces rumeurs avaient toutefois été démenties par les deux parties.

On en vient à se demander ce qu’il adviendra de Simons et Pilati, deux créateurs au talent hors-pair… De par ce fait, la chaise libre au « trône Dior » nous laisse dubitatifs …

Stefano Pilati

Stefano Pilati

Miguel Adrover: Out of my mind

Par Etienne Saint-Denis

Après huit ans d’absence du milieu de la mode, suite à une chute spectaculaire en 2004, voilà le retour imprévisible de Miguel Adrover présentant une toute nouvelle collection renouant avec sont avant-garde satirique des tendances.

Reconnu pour être le maître de la déconstruction, Miguel Adrover reprend cette fois-ci certain de ses plus grands succès tels que la robe chemise, les casquettes-épaules et l’utilisation d’un manteau Burberry en guise de jupe. De plus, cette fois-ci il redonne naissance à des mutations de morceaux qui semblent parvenir de magasins de seconde main.

Cette collection s’intitulant Out of my mind, se définit, selon Miguel Adrover, « comme si un avion aurait échappé ses bagages au dessus d’une tribu amazonienne et où les habitant se seraient amusés à essayer les vêtements ». Pourtant cette définition ludique se laisse trahir par une forte iconographie telle que la boué de sauvetage et le drapeau américain, les modèles lançant de l’argent sur le catwalk ainsi que la casquette et les souliers ornés de mains en cuir avec les « majeurs soulevés ». Comme d’autre l’ont fait à la New York Fashion Week, on parle ici de la crise économique mondiale…

Il est souhaitable de revoir les créations de Miguel Adrover sur le catwalk puisque de toute évidence, vous n’en croiserez jamais dans la rue…

Crédits photos: Style.com

Ports 1961: classique et tendance

Par Etienne Saint-Denis

Saison après saison, Fiona Cibani parvient à imaginer une modernité sans cesse renouvelée et la collection automne/hiver 2012 n’y fait pas exception.

Subtil et structuré, opulent mais non menaçant, l’ensemble de la collection propose un jeu de volumes et d’associations insolites de matières à travers de solides pièces, tel que d’épais t-shirts boxy portés sur un infatigable chandail à col roulé de couleur ou de contraste. À travers des tons décadents d’or, d’argent et de vert où on y retrouve des plis épais, des jupes légères, tricots, robes aux épaules rondes pour une silhouette simple mais sans compromis.

Remarquablement sage, tout en conjuguant allure classique et tendance, cette collection est une réussite.

Crédits photos: Style.com

RAD by Rad Hourani: origamis noirs et ses déclinaisons

Par Etienne Saint-Denis

Pour sa collection automne/hiver 2012, Rad Hourani, notre jeune créateur Montréalais d’origine jordanienne, ne déroge pas à ses habitudes en poursuivant son inassouvissable étude du noir. La salle était entièrement noir et les vêtements affichaient la même couleur, à l’exception de quelques nuances de vert et d’une touche de gris froid.

On accusera peut-être le créateur d’adopter continuellement la même formule. Pourtant, on ne peut faire abstraction de sa prodigieuse maîtrise du noir en ce qui concerne les mélanges entre matériaux et les confusions « origamisées » harmonisant des tissus d’un mat étouffé à un bouquet de reflets bien calculés.

Outre le caractère intemporel et androgyne de la collection, on découvre une ceinture insistante qui vient boucler plusieurs de ses compositions, manifestant un profond souci pour ce qui est des tendances, avec cet accessoire clé pour l’automne/hiver prochain…

Crédits photos: Style.com

Rodarte: nature et découverte

Par Etienne Saint-Denis

Toujours plus rigoureuses dans leurs choix stylistiques, les sœurs Kate et Laura Mulleavy présentent cette fois-ci une collection inspirée de la beauté naturelle de l’Australie qui fera le plaisir de tous et chacun.

Contrairement aux collections antérieures, celle-ci se prête davantage à des vêtements portés en dehors des pages éditoriales.

L’humeur de la collection évoque l’époque victorienne, grâce aux coupes revisitants avec esprit la notion de classique, en amalgamant le charme de l’Australie, en présence de couleurs terre et de muses au bronzage intensifié.
À la fois romantique et raffinée, on retrouve dans la collection une rythmique d’oppositions entre matières souples et robustes.

Parmi celles-ci, une robe en peau de mouton, d’autres en mousselines, soies, cuirs, manteaux structurés, etc. Sans compter les touches de fantaisie qui, via des motifs d’art autochtone, de ceintures aux allures de fouets et de talons en plastique remplie de sable, permettant d’offrir un peu d’audace à la rigueur ambiante.

Bref, une collection bien inspirante pour un duo qui, selon toute vraisemblance, n’a jamais mis un pied en Australie..!

Crédits photos: Style.com

Jill Sander: retour à la maison

Par Pierre-Marc Gauthier

Raf Simons quitte et Jill revient. Après 10 ans d’absence, le 28 février prochain, la talentueuse réintégrera sa propre Maison de couture, fondée en 1968.

« J’ai vraiment hâte d’être de retour. J’ai l’impression de revenir après un court voyage. La marque Jil Sander est ancrée en moi, ma vision sophistiquée du design moderne est restée en moi, aussi forte qu’au premier jour. Les paradigmes changent et évoluent de saison en saisons mais le cœur d’une marque ne s’altère pas. Ce sera un vrai challenge et encore plus un vrai plaisir de travailler sur l’identité contemporaine de Jil Sander. La période est favorable, autant qu’on aurait pu l’espérer. Le monde de la mode a besoin de signatures authentiques et de têtes originales. Je ferai de mon mieux pour joindre le navire.» confie Jil Sander.

Un retour étonnant et inspirant.

Jill Sander

Ralph Lauren  : Glamour à l’américaine

 Par Mylène Genty

Fidèle à son intemporelle signature, Ralph Lauren offre, pour la saison prochaine, une collection formellement calquée sur le vestiaire « à la garçonne » des femmes – et des hommes ! - des années 20. En effet, la collection en question s’est avérée être la plus masculine de cette Fashion Week new yorkaise…La silhouette androgyne est marquée par les tons de terre, l’utilisation massive du tartan, la présence du tuxedo avec la domination des pantalons flares, et des accessoires ouvertement piochés dans la garde-robe masculine : canne, chapeau melon , cravates …

Résultat ? Une garde-robe très « menswear » toutefois judicieusement « glamourisée » avec du velours, en plus d’une allure ladylike propre aux décennies passées, en ne négligeant jamais les robes de soirées qui sont éternellement dignes des tapis rouges …

 

Crédits photo : Style.com

Carolina Herrera: sobre et chic

Par Virginie Lemieux

D’entrée de jeu, Herrera présente des tenues dès plus sobres, entremêlant le noir au bleu marin. Le jeu de matières, dont le lainage, la fourrure et le cuir, confère une dimension toutefois variée et chic. Connue pour son classicisme et son glamour, le label propose également en deuxième partie de défilé des jupes bouffantes et robes de soirées, qui se refléteront certainement à travers plusieurs tenues de tapis rouges. Alternant entre le gris, le corail, le bleu ciel, le rose et le violet, la designer prouve une fois de plus qu’il est possible d’allier confort et élégance, prêt-à-porter et luxe.

Crédits photo : Style.com

Vera Wang: dramatique et original

Par Virginie Lemieux

C’est sous une trame plutôt dramatique que la collection de Vera Wang s’est illustrée. Les teintes prédominantes du défilé sont le nude, le corail, le bleu, le gris et le noir. Pour l’occasion, la designer a opté pour des coupes droites, des jeux de transparence, d’asymétrie et de drapé, conférant à chaque silhouette un profil unique, sombre et des plus originaux.

Crédits photo : Style.com

Proenza Schouler: modern Asian

Par Pierre-Marc Gauthier

Digne du fameux duo composé par Lazaro Hernandez et Jack McCollough, la collection Fall/Winter 2012 de Proenza Schouler propose une conception « martiale » de la mode à venir.

John Lennon (circa 1970) en soundtrack, la duo s’est inspiré d’une notion et d’une révision « asiatique » composée et inspirée de kimonos et de… Yoko Ono. Tel que l’un des designer lui-même le suggère, la collection se définie par un simple: « c’est très asiatique ». Beaucoup d’inspirations du « soleil levant » donc pour cette Fashion Week new-yorkaise, particulièrement lorsqu’un parallèle peut être établi avec Alexander Wang ou encore Jason Wu, entre autre.

Accompagnées d’une ligne de handbags de la même thématique, les coupes architecturées et les amalgames de pièces construites strictement, la collection se déclinait en noir, blanc, bourgogne, bleu, orange, turquoise, gris et différents imprimés « japonisants ».

Une collection honorable et adéquate donc, au fil conducteur chic et stricte.

Crédits photos : Style.com